Chronique d’un bouton rouge resté coincé
Carnet de bord – pratique EMDR PEPS
Il y a des peurs qui préviennent. Elles montent doucement, comme une mer qui se forme au large. Et puis il y a celles qui surgissent sans frapper. Une attaque de panique, c’est cela : le corps qui déclenche l’alerte maximale alors que, dehors, rien n’a changé.
Le cœur s’emballe comme s’il fallait fuir sur-le-champ. L’air devient rare. La pensée se contracte, se met en tunnel. Et une certitude s’impose, brutale, sans appel : je suis en danger.
Dans ma pratique EMDR PEPS, j’ai appris à reconnaître ce moment précis où le système nerveux ne réfléchit plus.
Il appuie sur le bouton rouge.
Comprendre les crises d’angoisse
Deux chemins pour une même peur
Il est essentiel de distinguer deux expériences que le langage courant mélange.
La crise d’angoisse est une montée progressive. Elle ressemble à une cocotte-minute que l’on oublie sur le feu : les pensées s’accumulent, la pression augmente, le corps suit. On sent venir le débordement.
L’attaque de panique, telle que décrite dans les classifications cliniques internationales (DSM-5, CIM-11), est d’une autre nature. C’est une décharge brutale du système de survie. En quelques minutes, parfois quelques secondes, le corps déclenche tout : palpitations, souffle court, vertiges, déréalisation, peur de mourir ou de perdre le contrôle.
Sur le plan neurobiologique, l’amygdale prend la main.
Le circuit est court.
L’alarme incendie se déclenche avant même que quelqu’un ait vérifié s’il y a du feu.
Envie de découvrir si l’EMDR en visio vous conviendrait ? Prenons un premier temps d’échange ensemble.
Comment l’EMDR aide à apaiser les crises
Quand le corps confond montée et catastrophe
Ce que l’EMDR permet de comprendre — et surtout de transformer — c’est ceci : une attaque de panique n’est pas la peur d’une situation. C’est la peur de la montée interne elle-même.
À un moment donné de l’histoire de la personne, une activation physiologique intense a été vécue comme dangereuse, incontrôlable, peut-être mortelle. Le corps a appris une règle simple :
si ça monte, je suis en danger.
L’EMDR ne cherche pas à empêcher la montée.
Il apprend au système nerveux que cette montée n’est plus une menace.
C’est un travail de recalibrage, comparable à un disjoncteur trop sensible : il saute à la moindre variation de tension. On ne coupe pas l’électricité. On ajuste le seuil.
Cette finesse s’est construite au contact du terrain clinique et de son analyse continue.
Quand la route devient un périmètre interdit
Une histoire parmi tant d’autres
Je pense à cet homme de 45 ans, rencontré après un accident de la route grave. Physiquement, tout était réparé. Administrativement aussi. Mais son système nerveux, lui, était resté au point d’impact.
Peu à peu, des attaques de panique violentes sont apparues. Pas sur l’autoroute. Pas dans des situations objectivement dangereuses. Elles surgissaient dès qu’il s’éloignait de chez lui.
Plus il prenait de la distance, plus son corps réagissait.
Comme si un cercle invisible s’était tracé autour de son domicile.
Au-delà de cette frontière, l’alarme se déclenchait.
Son GPS interne répétait en boucle :
zone dangereuse au-delà de ce périmètre.
Le travail EMDR n’a pas porté sur la peur de conduire ni sur la route elle-même. Il a porté sur la mémoire corporelle de l’impuissance, sur cette seconde où tout a échappé au contrôle lors de l’accident.
À mesure que ces empreintes ont été retraitées, le cercle s’est élargi.
Kilomètre après kilomètre.
Le territoire respirable est revenu.
Pourquoi la visio est parfois un refuge
Traverser la tempête depuis un port connu
La panique ne se déclenche pas dans un cabinet bien éclairé.
Elle surgit dans la vie réelle : à la maison, sur un trajet banal, dans le silence.
L’EMDR en visio permet de travailler là où la peur vit réellement. Depuis un lieu familier, connu du corps.
Dans cette configuration, la visio devient un port.
Pas un abri pour éviter la mer, mais un point stable depuis lequel apprendre à lire les vagues.
Cette modalité s’avère particulièrement adaptée aux attaques de panique et aux anxiétés sévères.
Envie de découvrir si l’EMDR en visio vous conviendrait ? Prenons un premier temps d’échange ensemble.
Se lancer dans une thérapie EMDR à distance
Apprendre à descendre sans tomber
On ne désamorce pas une attaque de panique par la force.
Et surtout, on ne précipite pas un système déjà en urgence.
Le début du travail consiste à observer. À comprendre la mécanique précise des crises. À installer des appuis.
Comme un pilote qui apprend à reconnaître les turbulences avant de traverser l’orage.
Le rythme n’est pas un confort.
C’est une condition de sécurité.
Conclusion
Quand l’urgence cesse d’être une prophétie
L’EMDR en visio n’a pas pour objectif de supprimer toute sensation intense. Il permet quelque chose de plus fondamental : ne plus confondre montée physiologique et danger vital.
L’enjeu est de retirer à la panique son statut de vérité absolue.
Quand le système nerveux comprend enfin que l’alarme peut se tromper, le bouton rouge se relâche.
Et le monde, doucement, recommence à s’ouvrir.
Envie de découvrir si l’EMDR en visio vous conviendrait ? Prenons un premier temps d’échange ensemble.
